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Les collab' | #9 Automotive Motion Lab, l’OpenLab de Stellantis – Aix-Marseille Université

Étude du mouvement
Automotive Motion Lab

Les collab' | #9 Automotive Motion Lab, l’OpenLab de Stellantis – Aix-Marseille Université

Le véhicule de demain ; sera-t-il volant, autonome ou digne d’un 5 étoiles ? C’est ce sur quoi s’interroge l’Automotive Motion Lab, premier laboratoire commun – ou Open Lab – initialement créé par Stellantis avec l’Institut des Sciences du Mouvement (ISM). La spécificité : une approche centrée sur l’humain, car si la réflexion autour des moyens de locomotion a longtemps été mécanique et technique, les chercheurs de l’Automotive Motion Lab s’intéressent quant à eux à l’Homme, conducteur ou passager, et à sa façon d’interagir avec le véhicule.

 

L’OpenLab : le deal gagnant-gagnant

Les OpenLab sont des structures de recherche collaboratives, composées d’un Groupe Industriel, d’universités et d’Unités de Recherche. Ces collaborations ont pour objectif de mettre en commun des technologies, expertises et équipes de recherche au service de l’innovation, autour d’une priorité stratégique et thématique.

L’Automotive Motion Lab est né en 2011, de la volonté d’un leader mondial de l’automobile, Stellantis (ex PSA), de se rapprocher de la Recherche pour toujours être au plus près de l’innovation. L’objet de ce laboratoire, installé sur le campus d’Aix-Marseille Université, est d’exploiter les connaissances en sciences du mouvement et en sciences cognitives pour imaginer les véhicules de demain et leurs moyens de conception.

Pour Jean-Louis Vercher, Directeur scientifique de l’Automotive Motion Lab, « la collaboration recherche / industriel permet de garantir un deal gagnant-gagnant. Avec l’expérience terrain de Stellantis, nous sommes plus à même de convenir aux besoins de l’industrie. Pour nous, c’est une source de nouvelles questions scientifiques et la possibilité de proposer à nos étudiants des stages de Master, des thèses CIFRE et des post-doc. »

 

Trois laboratoires désormais impliqués

Afin d’élargir le spectre d’expertises et compétences de l’Automotive Motion Lab, deux laboratoires marseillais ont rejoint la structure :

  • L’Institut Fresnel, avec l’axe « Lumière et Véhicule »
  • PRISM, pour une expertise autour des sons

En tout, ce sont donc 48 personnes mobilisées à ce jour sur l’Automotive Motion Lab. Parmi elles, Clément Bougard suit le projet côté industriel : « Le fait de s’appuyer sur des laboratoires universitaires offre de nombreuses perspectives en termes d’échelles de temps et de niveau d’approfondissement d’une question. Pour nous, cela part souvent d’une difficulté ou d’une problématique ». Une problématique qui devient une question scientifique et, comme le souligne Jean-Louis Vercher, « permet aux laboratoires de se pencher sur des thématiques auxquelles ils n’auraient pas forcément pensé ».

 

L’Homme au cœur du processus de conception

La spécificité de l’Automotive Motion Lab est d’axer ses recherches sur l’humain. Il étudie ainsi les interactions entre l’Homme et le véhicule, afin d’optimiser et d’améliorer le réalisme des simulateurs de conduite, et contribue au développement de nouveaux systèmes d’aides à la conduite. Clément Bougard rappelle ainsi qu’« à l’époque, un constructeur automobile se focalisait essentiellement sur tout ce qui était ingénierie, mécanique, moteur, suspension, consommation... Puis l’humain a pris une place de plus en plus importante dans la réflexion, car le véhicule est aussi un objet de confort, un lieu privilégié, un lieu où l’on passe beaucoup de temps. »

Les thématiques de recherche varient donc de la perception du véhicule (intérieur / extérieur) à l’état du conducteur (attention et niveau de vigilance), en passant par le confort des sièges et les interactions multimodales. Le mal des transports fait notamment l’objet d’une thèse. « Une problématique particulièrement intéressante en ce moment » précise Clément Bougard, « car la question des véhicules autonomes amène à re penser l’état du conducteur qui, lorsqu’il devient passager de sa propre voiture, peut potentiellement développer des symptômes (sensation de malaise, nausée…). La question est donc de savoir comment gérer la phase de transition lorsqu’il devra reprendre la main sur la conduite. »

Mesure de la géométrie d'un os d'éléphant par mesure optique
Simulateur de conduite statique de l'OpenLab, installé au CRVM (plateforme de réalité virtuelle de l'ISM, campus de Luminy)

Et la suite ?

Le projet Automotive Motion Lab a été renouvelé deux fois depuis sa création ; une fois en 2016 et la dernière fois en 2021 pour une durée de quatre ans. De ces études naissent des articles et des brevets, qui donneront lieu à des technologies plus robustes, plus innovantes et plus sûres que les technologies actuelles, qui sont souvent des technologies mono-capteurs tandis que la pluralité des expertises de l’Automotive Motion Lab permet d’aller sur des technologies multi-capteurs, avec de l’IA intégrée. « L’objectif final étant que les interactions Homme / véhicule soient les plus naturelles possibles ».

Un enrichissement mutuel, qui permet à Stellantis de rester à la pointe de la technologie et aux laboratoires de mener des recherches approfondies sur des thématiques innovantes.